Congo River 2010 | Nederlands
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La recherche botanique de Congo River 2010
L’Année internationale de la Diversité végétale est l’occasion pour le Jardin botanique de mettre aussi à l’honneur ses activités en Afrique. Financé essentiellement par la Politique scientifique fédérale et la Coopération au développement, un programme de recherche ambitieux a été mis sur pied cette année, en collaboration avec différentes institutions congolaises ainsi que le Musée d’Afrique centrale de Tervueren et l’Institut des Sciences naturelles. Six scientifiques du Jardin botanique ont descendu en bateau le fleuve Congo, en effectuant plusieurs arrêts d’étude. Différents botanistes, mais aussi nos spécialistes en champignons, mousses, lichens, algues microscopiques se sont succédé à bord afin de récolter le maximum de matériel. Ils ont découvert plusieurs espèces nouvelles car le Congo est une terra incognita pour les lichens et les algues microscopiques, qui constituent notamment de précieux bioindicateurs.
Christine Cocquyt a assuré la coordination de l’équipe botanique: les algologues, les spécialistes en champignons, mousses et lichens (des organismes résultant de l’association d’un champignon avec une algue ou une bactérie) et des botanistes. Spécialiste depuis 31 ans en diatomées africaines des algues unicellulaires qui produisent la moitié de l’oxygène de notre planète Christine s’est attachée à ce continent ayant vécu 11 années au Burundi. “Nous avons poursuivi deux objectifs : récolter un maximum de matériel d’étude, car on ne connaît, dans la région, qu’environ 10 % des diatomées, champignons et lichens. Nous ne pouvions que découvrir de nouvelles espèces ! Nous voulions également partager nos connaissances et méthodes de travail avec nos collègues congolais afin qu’ils puissent étudier et préserver, de manière autonome, la biodiversité de leur pays. Les diatomées vivent dans tous les milieux aquatiques; elles sont mangées par de petits crustacés, qui se font dévorer par des poissons qui nourriront la population locale : elles se trouvent donc à la base de la chaîne alimentaire. De plus, comme les lichens le sont pour les forêts, les diatomées sont d’excellents bioindicateurs pour la qualité de l’eau. Ces petits organismes nous permettent ainsi d’établir le baromètre de santé du fleuve Congo.”
Congo River 2010 : bilan de l’odyssée botanique
Les botanistes sont revenus de Congo River 2010: « Cela a été une expédition scientifique fantastique, nous avons recueilli des centaines d’espèces, parfois toutes inconnues, et plus d’un millier d’échantillons, notamment d’ADN de plantes. Nous en avons pour des années de travail à étudier cette nouvelle banque de données de la biodiversité congolaise ! » résume avec enthousiasme Christine Cocquyt, attachée au Jardin botanique national et coordinatrice de l’équipe botanique de l’expédition.
Une expédition sans précédent
Trois instituts scientifiques belges - le Musée royal de l’Afrique centrale, coordinateur, avec l’Institut royal des sciences naturelles et le Jardin botanique national - ainsi que notamment l’Université de Kisangani se sont unis pour réaliser une étude multidisciplinaire du fleuve et de ses rives. Notre spécialiste en lichens[1], Dries Van den Broeck, est radieux : « Nous connaissions jusqu’ici 185 espèces de lichens pour le Congo tout entier : nous en avons récolté cette fois 600 espèces, imaginez la richesse de ces découvertes ! ».
Des dizaines d’espèces nouvelles
Même satisfaction chez nos spécialistes en diatomées[2] et myxomycètes[3]. Jusqu’à présent, le Congo était un pays inconnu pour l’étude de ces organismes car ces disciplines, qui se basent sur une technologie de pointe, n’ont pu se développer que récemment. Myriam de Haan a ainsi récolté au moins 40 espèces de myxomycètes, nouvelles pour la région. Et de nombreuses surprises demeurent dans les 140 échantillons à étudier, ainsi que parmi les 380 échantillons d’eau prélevés pour les diatomées...
Plus de 1.200 échantillons d’ADN ont été récoltés sur les plantes à fleurs du Congo, ainsi que 3.000 photos documentant des espèces très mal connues, par exemple dont on n’avait jamais vu les fleurs ou les fruits, ce qui est crucial pour leur étude. Ces précieux clichés sont en train d’être intégrés à la Flore d’Afrique Centrale en ligne, la base de données du Jardin botanique qui permet d’identifier les espèces végétales de cette immense région :
http://www.jardinbotanique.be/RESEARCH/DATABASES/FOCA/index.php
Une collaboration accrue entre chercheurs congolais et belges
Les échanges entre scientifiques ont été également d’une très grande richesse. Le voyage à bord d’un même bateau et le travail réalisé en commun a renforcé les liens et l’estime entre chercheurs africains et belges. Les échanges entre chercheurs de différentes diciplines, comme les géologues, les zoologues ou les géographes ont ouvert de nouveaux horizons aux uns et aux autres. Les connaissances des chercheurs locaux furent très appréciées, car certaines espèces sont extrêmement difficiles à repérer sur le terrain. Et les échanges d’expériences ouvrent de magnifiques perspectives à la recherche en botanique africaine, notamment en relation avec l’Université de Kisangani. Deux projets concrétisent cette fructueuse collaboration internationale : la rénovation de l’infrastructure et la redynamisation du grand herbier de Yangambi, actuellement en cours et dont le Jardin botanique est partenaire, et en 2011, la construction du Centre de la Biodiversité à Kisangani, pour lequel le budget est bouclé.
[1] Les lichens sont des organismes résultant de l’association d’un champignon et d’une algue ou d’une bactérie. Ce sont d’excellents bioindicateurs qui témoignent de la qualité de l’air.
[2] Les diatomées sont des algues unicellulaires. Outre leur rôle de bioindicateurs pour la qualité de l’eau, elles servent de nourriture aux poissons.
[3] Les myxomycètes sont d’étranges créatures entre bactéries et champignons. Ils constituent des organismes modèles pour la recherche biochimique, entre d’autres pour la recherche contre le cancer.
Les spécialités des six chercheurs du Jardin botanique national sont
- Christine Cocquyt, diatomées
- Myriam De Haan, champignons
- Dries Van den Broeck, mousses
- Steven Dessein, plantes à fleurs
- Bart Würsten, plantes à fleurs
- Thomas Janssen, fougères
Lien vers le site congo river 2010
Le journal de bord rédigé par Christine Cocquyt, chef d'équipe botanique de l'expédition et traduit par Bénédicte van Lidth
Mardi 8 juin
Nous avons profité de la matinée à Kisangani pour visiter la cathédrale. Thomas et Dries ont trouvé cela une excellente idée. Le prêtre était un cousin d’un des botanistes congolais, Christophe Lomba.
Après avoir entendu des rumeurs non confirmées de grève à l’aéroport de Kinshasa, nous sommes partis à quatre de Kinshasa via Paris pour Bruxelles. Nous avons participé à l’expédition complète. C’était trop beau pour être vrai : retour sans aucun problème. Le billet-retour de notre herpétologue Danois Jos, n’étant pas confirmé, il lui a fallu acheter un nouveau billet. Il fut un des derniers à pénétrer dans le hall d’entrée, mais juste à temps pour embarquer. Anne et moi, nous avons pris un verre de champagne comme apéritif, pour fêter le succès de notre expédition et pris du vin au souper. Nous l’avions bien mérité !
Lundi 7 juin
Quel bonheur de dormir à nouveau dans un lit. Mais j’étais si bien que je n’ai pas vraiment bien dormi: j’ai trop joui du bonheur délicieux de retrouver un vrai lit.
Je me suis fait conduire en vélo-taxi à l’université de Kisangani, ce qui n’a pas fait du bien à mon coccyx. D’autant plus que mon chauffeur a d’abord été à la Faculté de Pédagogie au lieu de la Faculté des Sciences. Et les facultés se trouvent à l’opposé de la ville l’une de l’autre. Dries aussi a atterri dans une autre faculté. Le Prof. Maté nous a fait visiter le campus et j’ai pu jeter un coup d’œil aux microscopes qui pourraient être utilisés pour les travaux pratiques d’algologie. Après avoir déjeuné chez Henri-Victor Udar et acheté un petit cadeau de remerciement, retour vers l’hôtel où aurait lieu, à 16 h 00, un match de football amical entre les membres de l’expédition et les joueurs de l’équipe locale Total. Généralement, je ne regarde jamais de match, mais cette fois c’était intéressant, même passionnant. Dries s’est montré presque professionnel comme gardien de but. Mais rien à faire …, nous avons perdu 1 à 3.
En soirée, clôture solennelle de l’expédition Boyekoli Ebali 2010 avec les discours d’occasion et les danses traditionnelles.
Dimanche 6 juin
Kisangani n’est plus très loin. La tension monte chez les Congolais. Rentrer chez eux libère des émotions fortes. Ils chantent et dansent sur le toit des bateaux. Le mégaphone (resté muet durant l’expédition) clame que l’expédition s’est bien déroulée et que tous rentrent sain et sauf. Peu après midi nous arrivons au port où une petite délégation nous attend. Une dernière photo de groupe est prise par le photographe de service, Chris Pannecoucke.
Samedi 5 juin
Nous partons même cinq minutes avant l’heure. Nous faisons nos adieux aux habitants de Lieki. Les recherches sur le terrain sont terminées. Il reste la longue navigation vers Kisangani et une dernière nuitée sur le bateau de Go Congo. Pourvu qu’un banc de sable ne fasse pas échouer le bateau car le niveau de l’eau de la rivière Lomami diminue de 10 cm par jour depuis plusieurs jours.
Vendredi 4 juin
Petite randonnée, 3 heures environ, avec Koen Martens (IRSN) et Hilde Keunen. A nouveau quelques myxos. Surcroît de travail l’après-midi et je ne démonterai le four que demain matin. Hilde parle et chante tout le temps. Je n’ai pas vraiment pu apprécier les bruits tropicaux émanant de la friche de palmiers à huile. Au retour, nous avons visité les anciens bâtiments d’une usine produisant de l’huile de palme. C’est à la machette que notre guide Jean-Pierre nous a frayé un chemin.
Jeudi 3 juin
Journée passée à empaqueter et inventorier le matériel en partance pour la Belgique et celui qui restera à Kisangani, au Centre de la Biodiversité. Coup de main apprécié de Steven.
Mercredi 2 juin
Le botaniste Christophe Lomba, chargé du cours d’algologie à l’UNIKIS, a participé aujourd’hui à l’échantillonnage algologique sur le fleuve Congo et sur la rivière Lomami, là où elle se jette dans le Congo. Nous avons saisi l’occasion pour mettre pied à terre à Isangi, boire quelque chose et acheter notre déjeuner : du pain et des bananes. A défaut de Coca ou de Fanta, je me suis contentée d’un Vitalo ; la boisson-grenadine a rendu mes dents et mes lèvres toutes roses !
Mardi 1 juin
Déjà fatiguée au lever, j’ai entrepris une courte excursion de trois heures environ non loin du village, en direction d’Isangi. Trouvé quelques myxos et pris quelques échantillons d’eau dans une friche de palmiers à huile et dans la forêt inondée.
Lundi 31 mai
Exploration du transect terrestre près du ‘village’ de Yafira (2 huttes) avec Koen Martens. Henri Victor Udar était absent mais est venu s’excuser par après. (La veille, il était allé prospecter, à la recherche de champignons.) Pas mal pour les myxomycètes : 8 spécimens récoltés. Moins bien en ce qui concerne les échantillons algologiques; 4 échantillons seulement. De retour au camp, mauvaise nouvelle : Vera, notre benjamine de l’expédition, s’est trouvé mal, souffrant de crampes et de diarrhée. Sans doute un amalgame d’amibes et de malaria. Nous parvenons à la convaincre de se rendre sur le bateau-presse pour s’y reposer sur un vrai lit dans la fraîcheur de l’air conditionné d’un conteneur.
Dimanche 30 mai
Koen Martens est parti prélever des échantillons de mollusques vers 8 heures sur le transect aquatique et vient me rechercher en pirogue. Au programme aujourd’hui : échantillonnage de la rivière Lomami et de son affluent Botima Embole dans les environs du village d’Ilambi. En fin d’après-midi, prélevage d’échantillons du transect aquatique.
Samedi 29 mai
Nouvelle excursion, laissant sur la route vers Kisangani le village de Lieki derrière nous,. Le groupe comprend Koen Martens, Pierre-Denis Plisnier, Papi et Ernest, et le photographe Chris Pannecoucke. Quelques eaux avec des lotus ont pu être échantillonnées, ainsi qu’une petite source. Nous n’avons pu traverser, trop de boue. Ernest l’a expérimenté en s’enfonçant jusqu’au genou gauche. De sang-froid, il appelle Koen Martens : j’ai besoin de tes cent kilos ! Au retour, étant un peu fatiguée, j’ai demandé un moment de repos. J’avais l’impression que tous apprécieraient une courte pause. Par hasard : un banc dans l’ombre d’une maisonnette et de quelques buissons. Les habitants étaient très gentils et ont même sorti quelques chaises afin que tous puissent s’asseoir. Nous leur avons offert un paquet de biscuits pour eux et un pour les enfants. Plus loin j’ai trébuché (mais il n’y avait rien sur le chemin ?) et je suis tombée lourdement sur le chemin sablonneux. Ils ont ensuite ralenti la marche et Papi a porté mon sac à dos (Koen me l’avait déjà proposé aussi !).
Vendredi 28 mai
Navigation en pirogue en amont de la rivière Lomami jusqu’Ilele le matin. Navigation en aval l’après-midi. Pas mauvais comme journée de prélèvement : 32 échantillons de phytoplancton, benthos et épiphyton sur diverses plantes comme Eicchornia crassipes, Vossia cuspidata, Commelina sp., Salvinia, Azolla, Ceratophyllum.
Jeudi 27 mai
Nous sommes partis à la recherche d’emplacements d’un transect terrestre. Hormis celui-ci, un transect aquatique sur la rivière Lomami devait être fait avec tous les participants des milieux aquatiques. Les ‘poissonniers’ placent des filets à différents maillages parallèlement aux berges. Après avoir choisi les endroits où les filets allaient être placés en fin d’après-midi, le transect aquatique est vite déterminé : du premier au dernier filet, un échantillonnage de la berge, un échantillonnage à un quart de distance de la berge et un dernier échantillonnage au milieu de la rivière.
Mercredi 26 mai
Me suis réveillée régulièrement cette nuit et je me suis heureusement rendormie aussitôt. Le bateau a apparemment accosté à Isangi à minuit, sans que je l’ai remarqué (dû sans aucun doute aux boules Quiès). Réveil à 6 h et petit-déjeuner (crêpe, moitié pâte à tartiner, moitié sucre). Les formalités devaient être remplies à Isangi, mais nous ne pouvions débarquer. Tout se passe sans problèmes et vers 10 heures nous sommes repartis. Cette fois, direction la rivière Lomami et notre dernier campement à Lieki, où nous resterons 9 jours.
Grâce à la disponibilité du réseau VODACOM, j’ai pu contacter Laetitia, Thibald et Gert. Les botanistes et moi avons ensemble réarrangé les malles pour que le matériel d’herbier puisse être transféré sur le bateau-presse pour avoir plus de place sur le bateau Go Congo. Un peu avant midi, nous arrivons à Lieki. Nous commençons par monter les tentes avant de déjeuner. A peine avions-nous monté les tentes (presque toutes) qu’il a commencé à pleuvoir. Après l’averse nous avons fait une promenade à la découverte des environs. Les membres de l’expédition ont été séparés en deux groupes : le groupe terrestre et le groupe aquatique. Pataugé dans l’eau, et mes bottines étaient à nouveau détrempées. La quantième fois déjà ? Comme si cela ne suffisait pas, une averse de plus. Heureusement pas tropicale celle-là !
Mardi 25 mai
Réveil à 5 heures, démonté la tente avec l’aide de Bruno et d’Alexandre, mes voisins.
A 6 heures les bateaux devraient commencer à naviger vers Lieki sur la rivière Lomami. Rapide, selon les normes congolaises, car déjà à 6 h 20 le Go Congo et le Kisangani naviguaient. Passé Basoko, nous naviguons sur le Congo. A tribord, une agglomération assez importante : une usine d’huile de palme rachetée par une firme canadienne. C’était aussi le village natal de Pierre-Denis Plisnier : Lokutu.
Après le déjeuner (gaufres au sucre, omelette, beignets au fromage à tartiner ou pâte à tartiner), étiqueter les échantillons d’hier. Un box Overtoom est déjà rempli d’échantillons diatomiques. Les myxomycètes qui ne se trouvent plus dans notre petit ‘sanctuaire’ peuvent être séchés en plein soleil sur le toit de notre bateau. Tout à l’heure, j’aiderai les botanistes à trier le matériel herborisé : Meise, Yangambi et Kisangani.
Lundi 24 mai
Echantillonnage sur L’Aruwimi et quelques affluents avec Koen Martens, Papi et Ernest (experts congolais des macro-invertébrés d’eau douce). Quelques problèmes de moteur nous ont obligés à faire demi-tour après 5 minutes. La journée s’annonce bien ! Heureusement nous avons bien terminé : 32 échantillons à analyser en ce qui concerne les diatomées.
Dimanche 23 mai
Aujourd’hui, échantillonnage avec Pierre-Denis Plisnier. Pirogué en amont de la rivière Aruwimi. Partis peu après 8 heures et retour vers 12 heures 30. Nous n’avons pas atteint la rivière où j’aurais voulu faire quelques prélèvements. Trop lointain car à plus de deux heures de pirogue et Pierre-Denis voulait être rentré vers midi pour les analyses de l’eau qu’il devait effectuer.
Samedi 22 mai
En chasse avec Koen Martens et Henri Victor Udar. Nous avons abandonné Dries et son guide au premier arbre rencontré. A notre retour, Dries avait progressé de … 12 arbres.
Vendredi 21 mai
Avec Klaas-Douwe Kijkstra (Kadé pour les intimes), partis faire des prélèvements en pirogue. J’étais un peu curieuse de voir Kadé attraper des libellules en pirogue! Nous avons passé deux petites rivières, le Lohulu et le Lulu. Contrairement à la rivière Aruwimi dont l’eau est brunâtre, celles-ci sont noires. De plus les eaux ne se mélangent pas et la démarcation est très nette lorsqu’on remonte les rivières. Sur le Lulu, rencontre d’autres membres de l’expédition, e.a. Koen Martens. Il me baptise ‘Reine de Saba’, avec mon garde du corps Kadé fièrement debout sur la proue, tenant fièrement son filet …
Jeudi 20 mai
Variation dans le programme: chasse aux myxos dans une ancienne plantation de palmiers à huile et de caoutchouc avec Henri Victor Udar, qui comme d’habitude jette tous ses champignons dans un sac-plastique. Quand le sac est rempli, il en prend un autre.
Mercredi 19 mai
Nuit sur le bateau, navigation sur la rivière Aruwimi et fait escale à Basoko. Nous avons pu descendre à terre quelques instants. Là, je me suis entretenue avec le directeur d’une école pour filles (école primaire) et pu acheter une carte sim VODACOM. ZAIN est hors de portée dans cette région. Arrivée à Bomaneh après le déjeuner.Nous avons monté les tentes plus éloignées du bateau que lors des escales précédentes. Petit détail : juste à côté d’un terrain qui s’est avéré être le … cimetière.
Loin du bateau, loin des générateurs. Mais cela signifie d’autres bruits nocturnes. Pas ceux de la brousse, mais tout aussi effrayant, les puissants ronflements de certains membres de l’expédition. Au grand dam de Bart Würsten et de Steven Dessein qui se sont réinstallés sur le bateau.
Mardi 18 mai
Boucan infernal à 4 h 45 du matin. Le bateau-presse a heurté une pirogue au départ de Kona. Quelques habitants sont sortis en hâte de leurs huttes et il s’est suivi une violente dispute. Les bateaux et les scientifiques sont partis vers 6 heures. Tonton, son épouse et son fils Paul nous ont salués. Avant notre départ, je lui ai offert le petit oreiller que Myriam m’avait laissé.
Lundi 17 mai
Il a recommencé à pleuvoir cette nuit. Et toujours pas de bateau-presse à l’horizon. Tous, nous dormons plus longtemps. Bart est le premier sur le bateau et s’affaire sur le Notebook, comme hier durant toute la journéed’ailleurs. Entre-temps il est 6 heures et Bruno, notre collègue français, arrive. Tout l’équipage du Go Congo est lent ce matin (malembe malembe, où, si on préfère le Swahili plutôt que le lingala : pole pole). Les tables ne sont toujours pas dressées.
Plus tard dans la journée : navigué sur le Loika, cette rivière magnifique, et prélevé des échantillons en compagnie de Pierre-Denis Plisnier. A notre retour au camp le bateau-presse avait déjà débarqué la fraîche cargaison de scientifiques. Il faudra s’habituer.
Dimanche 16 mai
Jour de repos dominical. Travaillé bien à l’aise. Encoder les données, ce qui ne va pas toujours sans problèmes. Apparemment, Jean n’a pas installé ‘Office’ sur le notebook et la période d’essai (gratuite) est expiré. Je peux ouvrir mes documents, mais impossible d’y apporter la moindre modification. Donc, travaillé sur le Notebook des botanistes, acquis spécialement par et pour l’expédition.
Visionné les photos et effacé les moins bonnes. Tout est indexé jour par jour. Le travail ne manque pas.
Vera souffre encore toujours de mal au ventre. Le test malaria est négatif. Anne, par contre, a un résultat positif. Les membres de l’expédition comptent jusqu’à présent 3 tests positifs. Moi en premier, ensuite Emmanuel, et maintenant, c’est au tour de Anne. Malgré le Malarone (prévention du paludisme) pris à l’avance. Les botanistes se sont également tenus bien sages. Calme avant la tempête, car tout à l’heure Steven Dessein arrivera et se lancera sans tarder dans la collecte. .
Le bateau de la presse qui doit arriver avec les nouvelles recrues (13 au total) est attendu pour la fin de l’après-midi. Le téléphone satellite ne fonctionne pas. Je me couche tôt.
Samedi 15 mai
Fait nos adieux aux 12 membres de l’expédition qui nous quittent, dont Myriam. Ils descendent le fleuve sur le ‘bateau de la presse’ direction Bumba. Ce fut quelque peu émotionnel. Nous étions tous sur le bateau-média pour l’adieu. Peu après, tous à terre. Finalement, le bateau largua les amarres après que la cloche à bord eût tinté. Nous chantions dans notre langue un au-revoir et les avons salués le plus longtemps possible. Silence inhabituel sur le bateau et espace immense libéré malgré le matériel qui s’empile. Nous sommes parties, Vera et moi, prendre des échantillons sur l’Itimbiri, mais nous ne sommes pas allées bien loin : une grosse averse nous a forcé à rebrousser chemin.
Nuit sans Myriam ; je dois m’habituer. Le doudou hollandais s’ennuie aussi : son frère jumeau s’est envolé vers la Belgique. Ils se reverront seulement en juin, à Meise.
Vendredi 14 mai
Orage et pluie toute la nuit et au lever, encore une forte averse. Nous avons pataugé dans la boue jusqu’au bateau pour y prendre notre petit-déjeuner: encore des ‘beignets’ bien gras (heureusement ‘habillés’ de pâte à tartiner, de confiture ou de ‘la vache qui rit’). Et bien sûr, les omelettes aux oignons omniprésentes ne manquent pas. Nous espérons boire du vin accompagné d’amuse-bouches (de grosses chenilles) lors de la réception d’adieu de 12 d’entre nous, qui retourneront en Belgique. Incroyable pays de cocagne.
Jeudi 13 mai
Al’aube, ici à 5 heures, Myriam et moi fraîches comme des gardons et prêtes à nous lancer dans l’aventure. Cette fois, sans les ‘botanistes de plantes supérieurs’, direction forêt. Une journée myxomycète très réussie. Echantillonnage diatomique de quelques flaques d’eau, en espérant que j’y trouverai des diatomées, mais je ne l’apprendrai que de retour en Belgique.
Mercredi 12 mai
Randonnée fatigante dans la forêt. Marché à peu près une heure pour arriver dans une autre partie de la forêt. Eh bien, vous le croirez ou non, nous avons encore pataugé pour y arriver. La photo de l’équipe ‘botanistes’ a enfin été prise avant le départ. Extinction des feux chez les femmes ‘cryptogames’ Flamandes vers 21 h 30.
Mardi 11 mai
Enfin à nouveau sur le terrain! Après une balade idyllique en pirogue, nous avons atteint la forêt. Les botanistes s’en sont donnés à cœur joie lors de la récolte. Pour Myriam, le paradis des myxomycètes continue. Elle est fort gâtée et préfère trouver d’autres espèces moins courantes (du Congo, bien entendu). Moi-même, j’ai prélevé de l’eau d’une source dans la forêt et naturellement celle de la petite rivière idyllique.
Lundi 10 mai
Au réveil, nous avons déjà dépassé Basoko et naviguons sur la rivière Itimbiri. Nous avons accosté quelques heures près d’un campement de pêcheurs et prospecté les environs en pirogue en vue de trouver un endroit pour le campement. Nous avons choisi le petit village de Kona, où nous sommes arrivés peu après midi. Monté les tentes sous un kapokier. Juste à temps, car une grosse averse tropicale déversait une quantité impressionnante d’eau. Gros souci : nous n’avons pas de liaison GSM. Donc, nous sommes isolés du reste du monde.
Dimanche 9 mai
Départ à 6h30 de Yaekela, en route vers notre prochain camp le long de la rivière Itimbiri. Une journée passée à naviguer au calme sur le fleuve Congo, immensément large. Vers l’heure du déjeuner, les deux bateaux sont amarrés et nous permettent un agréable ‘voisinage’. Nous avons recommencé cette manœuvre le soir. Nous sommes ainsi restés amarrés toute la nuit, pendant que nous dormions sur les bateaux.
Samedi 8 mai
J’espère que ce sont mes dernières heures sur le bateau de presse. Myriam est repartie pour me chercher des échantillons d’un sous-affluent en amont et pour rechercher d’autres Myxomycètes.
Gros orage cette nuit, mais rien entendu. Très bien dormi, mais pas seule : un gros cafard m’a tenu compagnie.
Vendredi 7 mai
Sur le bateau de la presse interdiction formelle de me rendre sur le terrain. J’ai donc mis Myriam au travail : prélever des échantillons de diatomées dans le fleuve Congo. Son expédition d’hier avec la moto a pas mal sorti les autres membres de l’expédition de leur torpeur et maintenant tous veulent partir en moto. Nos botanistes également. Ils sont à sept (Bart, Alexandra, Camille, Christophe, Elasi, Jean-Pierre et Jean-Bosco) à être partis, se partageant les deux motos. Les clés des deux autres motos sont malencontreusement parties avec le bateau-pousseur à Kisangani…
Jeudi 6 mai 2010
Heureusement j’ai bien dormi cette nuit. Je me sens déjà beaucoup mieux, mais lorsque je veux marcher, j’ai l’impression d’être sur un navire au beau milieu d’une la tempête. Mon ouïe en souffre aussi: comme si j’étais sous l’eau. Cela provient de la quinine que je dois prendre. Cela passe heureusement au fil du temps. Mais il m’est impossible de rester debout longtemps. Il me faut oublier de partir en brousse demain.
Myriam a toutefois eu une bonne journée. Avec Victor et à moto, ils sont allés dans la forêt primaire (probablement). Le paradis des Myxomycètes n’est pas un rêve.
Mercredi 5 mai 2010
Lâché l’équipe aujourd’hui. Après une nuit blanche et assez mal en point, le test malaria (Plasmodium falsiparum) est positif. Comme c’est ma première attaque, on n’a pas voulu prendre de risque et j’ai eu droit à deux injections de quinine, faites par le médecin qui nous accompagne. Curieusement, le pic fiévreux ne correspond pas au temps d’incubation. Trop tôt. Aspect positif: je peux loger maintenant dans un des conteneurs avec airco sur le bateau de la presse. Donc, pas d’expédition avec la VRT qui aurait voulu filmer deux Flandriennes pataugeant dans les marécages.
Mardi 4 mai 2010
Matinée tranquille: traitement du matériel, installation du second séchoir pour les champignons que Victor Udar a rapportés. Victor est notre mycologue congolais. Retour dans la forêt derrière le village (Yaekela) cette après-midi, accompagné de Massi, un entomologiste italien. Myriam découvre sans cesse de nouveaux myxomycètes. Nous avons même pris des échantillons dans une flaque de la forêt inondée. Il était 22h30 quand enfin j’ai pu regagner ma tente pour dormir; j’étais épuisée.
Lundi 3 mai 2010
Journée formidable. Dommage que l’équipe de presse soit absente, car ce fut spectaculaire.. L’équipe botanique au grand complet s’est mis en route. Tout d’abord un large chemin à travers deux villages, ensuite la forêt en suivant un chemin boueux, suivi d’une piste inondée où nous tâchions de rester au sec, ce qui n’a pas réussi, car nos chaussettes étaient bien mouillées. Ce n’était toutefois rien en comparaison avec ce qui nous attendait par la suite. Nous avons pataugé, de l’eau jusqu’au genoux toute la journée, parfois même jusqu’aux fesses. Myriam a collecté, pour la première fois de sa vie, des myxomycètes au beau milieu de l’eau. Avantages non négligeables : moins de courbettes et plus rafraîchissant.
Sujet actu de ce soir : l’équipe, décrite comme étant « de vrais scientifiques n’ayant pas froid aux yeux ». Le journaliste de la VRT était très intéressé par nos péripéties et, en principe, nous irons patauger ensemble mercredi dans la forêt inondée. Espérons que nos bottines seront déjà sèches !
Dimanche 2 mai 2010
Première journée de récolte. Nous prospectons dans les environs du camp qui se trouve au beau milieu d’un Petit village. Myriam était au septième ciel, car après une courte prospection, elle a trouvé un endroit où pullulaient les myxomycètes. Pour ma part, j’ai prélevé plusieurs échantillons dans différents habitats. Udar, le mycologue congolais nous accompagne. Il étudie les champignons arboricoles et a pu récolter pas mal de matériel.
Samedi 1 mai 2010
Le grand jour est arrivé : nous partons maintenant vraiment en expédition et descendons le fleuve. La veille, un camp avait été monté à 25 km de Yangambi.
Sympathiques retrouvailles entre naufragés de Schiphol après une semaine ; nous faisons connaissance avec nos partenaires congolais. Nous montons la tente et Myriam et moi avons à nouveau un toit au-dessus de nos têtes.
Vendredi 30 avril
Après avoir pris la correspondance à Nairobi (Kenia), nous sommes arrivés à Kisangani où nous avons été accueillis très chaleureusement. J’avais l’impression d’être une VIP.
Tout a été arrangé par les gens de UNIKIS (Université de Kisangani). Myriam et moi partageons une chambre à l’hôtel Palm Beach. Odeur de peinture fraîche en entrant : la chambre venait d’être repeinte !
Un petit coup d’œil aux bateaux amarrés dans le port, souper - poulet écrasé et frites - et enfin, au lit.
Jeudi 29 avril 2010
Nous sommes enfin partis. En train direction Schiphol. Cette fois, l’avion pour Nairobi décolle sans problèmes.
Mercredi 28 avril
Espérons que ce sera le dernier jour de travail à Meise ce mois-ci.
Ce soir je ne dois déjà plus empaqueter. Mes bagages sont prêts depuis une semaine.
“Tunataka sana kuona Kisangani”.
Mardi 27 avril
Les huit membres de l’expédition, Piet et Wouter sont bien arrivés à Kisangani.
Durant l’après-midi, j'ai reçu un mail de Koeki : jeudi, nous devons prendre le train pour Schiphol. Le vol de Nairobi décolle à 20h40, donc, la même heure que la semaine dernière. Koeki est encore en train de parlementer pour obtenir une place pour Olivier sur le vol de jeudi
Lundi 26 avril
Normalement, la descente du fleuve Congo aurait dû débuter aujourd’hui. Au lieu de cela, Myriam, Bart et moi travaillons à Meise. Murphy nous guette sans cesse. Olivier n'était pas parti lundi. Il est malheureusement tombé malade. Nous espérons qu'il sera complètement rétabli le jeudi et... qu'il y aura encore une petite place pour lui dans l'avion.
Dimanche 25 avril
Koeki envoie un mail avec tous les derniers développements. Olivier et Alexandra partent demain. Myriam, Bart et moi devons attendre jeudi.
Samedi 24 avril
A 9 heures du soir, reçu un coup de fil de Koeki du Musée d’Afrique central qui s’occupe intensément des nouvelles réservations. Lundi matin, on me mettra au courant entre 9 et 10 heures s’il y a encore de la place sur le vol en partance lundi. Passionnant.
Vendredi 23 avril
Réveil à sept heures précis. Après le petit-déjeuner buffet retour à l’aéroport pour rechercher nos bagages. Lors de la seconde réservation les numéros des bagages avaient été notés afin de les extraire de l’avion. Lorsque Jos Snoeks compte le groupe, il manque quelqu’un ; Jacky (linguiste au Musée d’Afrique Centrale). Il prendra la navette une demi-heure plus tard et se joindra à nous à l’aéroport. Tous, sauf Jacky, nous nous dirigeons vers la bagagerie où après avoir passé la porte et montré nos billets et nos passeports nous sommes pilotés vers le hall d’entrée. A la recherche de nos bagages sur le tapis roulant. Tout était déjà rassemblé à côté du tapis roulant. Tous nous avons trouvé nos bagages et passons la douane avec ceux de Jacky.
Déjà un bon bout de chemin parcouru. Jos est allé acheter les billets de train pour Bruxelles. Départ sur le quai 5 ou 6. Le train avait déjà plus de 50 minutes de retard. Nous nous étions postés de manière stratégique le long du quai pour sauter dans le train. Surtout avec le matériel destiné à , ce n’est pas évident. Tous nous avons trouvé un siège, mais pour les bagages, c’était plus problématique. Lorsqu’on est petit, ce n’est pas évident de caser un sac lourd.
Pris la correspondance Anvers-Gand St-Pierre, accompagnée de Bert van Bocxlaer (UGent). Myriam a continué sur Malines où ses parents sont revenus la chercher. Le reste descend à Bruxelles ; à Bruxelles-Midi Francis, le chauffeur du Jardin botanique, vient chercher tous les bagages destinés à Yangambi pour les ramener à Meise.
Comme au Monopoly, retour à la case départ. Nous sommes tous convaincus que c’est un excellent exercice de team-building. Seulement, c’est dommage que nous ne soyons pas arrivés au Congo. Il nous faut attendre le prochain vol, lundi ou jeudi … depuis ??? Bruxelles ou ??? Amsterdam. Nous le saurons dimanche ou lundi matin.
Jeudi 22 avril
A 12h30 la plupart de ceux participant à la première partie de l’expédition étaient présents dans le hall de départ de l’aéroport de Bruxelles. Myriam de Haan (qui ses parents avaient conduite à l’aéroport -- moment important car c’est son premier voyage en Afrique, et tout de suite vers le Heart of Darkness!) ; Oliver Lachenaud ; Bart Würsten (accompagné de son épouse Petra) ; Alexandra Ley (ULB, mais faisant partie de l’équipe botanique) et moi-même.
Piet Stoffelen et Wouter Roelandt, 2 collaborateurs scientifiques du Jardin botanique qui travailleront 2 semaines dans l’Herbier de Yangambi, nous rejoindraient à Schiphol. Leur vol décollait trois heures plus tard, mais ils nous accompagneraient le reste du trajet (Amsterdam-Kisangani). Nous emmenions aussi du matériel pour Yangambi (stabilisateur, papier bristol), car nous n’arrivions pas au poids réglementé. Check-in du groupe guidé par Jos Snoeks du Musée Royal d’Afrique Centrale sans aucune difficulté. Contrôle des passeports et ensuite nous nous dispersons.
Myriam, Oliver et moi nous nous sommes restaurés un peu. Petite promenade vers la porte d’embarquement 57, notre point de départ. Là, on nous envoie au 58, de l’autre côté du hall. Embarquement et atterrissage à Schiphol sans problèmes après un court vol, agrémenté d’une collation : jus d’orange et biscuit. Nous avons 4 heures à attendre avant d’entamer la seconde partie du voyage. Un groupe de quatre, sous la direction du spécialiste Néerlandais de libellules Klaas-Douwe, ont opté pour une courte visite de Leiden. Alexandra les accompagnait aussi. Comme prévu, Myriam et moi allons à la recherche d’un « doudou hollandais » qui sera notre mascotte d’expédition. Deux grenouilles (déjà un amphibiens de trouvé sur le fleuve Congo, et peut-être une nouvelle espèce!).
Avons découvert une nouvelles espèce de Ficus. Dans une grande vasque, un arbre que je pensais être un Ficus. Bart était persuadé qu’il ne s’agissait nullement d’un Ficus, mais ne peut pas m’indiquer à quel genre il appartient. Nous pensons donc avoir découvert une nouvelle espèce que nous avons baptisé Ficus aerodromus.
Enfin, nous pouvions embarquer dans l’avion de la compagnie Kenyan Airlines. Nous étions tous bien installés lorsque le commandant de bord nous mis au courant qu’il y avait une fuite dans le réservoir de kérosène, et que nous ne pouvions partir ! Le vol ne partirait plus ce soir là et il faillait passer une nuit à l’hôtel. Début d’un chemin de croix. Nous nous sommes dit qu’il fallait changer le texte de nos T-shirts (Boyekoli ebale Congo 2010) en Boyekoli Ebale Desespoir 2010. Jos Snoeks tâchait d’arranger les nouvelles réservations au mieux. Cela n’allait pas sans problème. Le vol de vendredi donnait la priorité aux passagers se rendant à Nairobi.
Notre grand souci était que nous devions partir pour Kisangani et que le vol Nairobi-Kisangani est toujours complet entre Nairobi et Entebbe. Le fonctionnaire KLM ayant fait les réservations n’avait jamais entendu parler de Kisangani et ne savait absolument pas où cette ville est située.
En fin de compte, nous étions quatre au check-in (Piet, très au courant des routes aériennes Nairobi-Kisangani, Jos, Patrick Grootaerts en moi-même). Les billets devaient être rendus afin de régler le booking. Il en manquait apparemment un : Bart avait oublié le sien dans l’avion. Heureusement, cela n’a pas posé de problème. Après moult palabres nous avons obtenu 9 billets sur le vol de lundi (pas d’autres places disponibles), le reste du groupe devra partir jeudi, une semaine plus tard donc. Durant la longue attente, tous nous n'avons reçu qu'une petite bouteille d’eau (Spa bleue). Pas question de manger.
Ensuite, réservation de l’hôtel. Un fameux travail de loger 20 personnes, qui obtiendront une chambre simple. On reçoit chacun un petit paquet, pas de nourriture, mais des affaires de toilette. Enfin, vers minuit, nous arrivons à l’hôtel où nous pouvons souper. Buffet délicieux accompagné d’un bon petit verre de vin. Pas un luxe, car je n’avais plus mangé depuis mon petit-déjeuner à la maison. Enfin, je me retrouve au lit vers une heure et demie, et je m’endors tout de suite.


